Excès d’eau en temps sec : le paradoxe des effluents vinicoles à Saint-Émilion

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La CUMA de Saint-Émilion assure une activité de traitement des effluents vinicoles, à l’instar d’autres CUMA sur le département girondin. Une fois traitées, ces eaux sont habituellement rejetées dans le milieu naturel, conformément aux pratiques en vigueur.
Toutefois, la spécificité du site réside dans le cours d’eau récepteur, régulièrement confronté à des périodes d’étiage durant lesquelles tout rejet devient impossible. Pour répondre à cette contrainte, la CUMA a mis en place une lagune de stockage destinée à conserver temporairement les eaux traitées.

Face à l’allongement des périodes de sécheresse et donc d’étiage, observées ces dernières années, la question de la capacité de cette lagune s’est rapidement posée. Afin d’anticiper un éventuel dépassement, la CUMA a demandé un nouvel arrêté préfectoral visant à épandre plus de 6000m3/ an d’effluents traités, sur une plantation de vîmes de 0,85ha créée en périphérie. Ce nouveau système d’absorption permet d’ores et déjà maintenir la continuité de l’activité en été.

Cette situation met en lumière un paradoxe : en période de sécheresse, la CUMA se trouve à stocker des volumes importants d’eau traitée sans possibilité de valorisation. La réglementation actuelle permet difficilement la réutilisation de cette eau, et les coûts d’investissement et de fonctionnement nécessaires à une éventuelle réutilisation ne semblent pas, à ce jour, économiquement viables.

Selon l’Agence de l’eau locale, une utilisation agricole pourrait être envisagée sous certaines conditions strictes, notamment un arrosage au pied des cultures. Mais la mise en place de capacités de stockage chez les exploitants, ainsi que la prise en charge du transport sont autant de freins qui limitent, pour l’heure, les perspectives de réemploi.