Faire du collectif le moteur de l’installation agricole
Projet AGIR – L'Agriculture de Groupe au service du renouvellement des générations
Publié le 09 octobre 2026
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Réunis lors de l’Assemblée Générale de la FRCUMA en avril 2026, les acteurs du réseau CUMA de Nouvelle-Aquitaine ont dressé le bilan d'une agriculture en pleine mutation. Entre instabilité géopolitique, défis climatiques et réformes de la PAC, le message est clair : l'avenir sera collectif.
En clôture, Stefaan Massart, Président de la FRCUMA Nouvelle-Aquitaine, a appelé à l’audace. Pour lui, la CUMA est bien plus qu’une simple mise en commun de matériel : c’est un outil de souveraineté et d’épanouissement humain. Pour lui, la CUMA est la réponse à une agriculture qui refuse de subir :
« Faisons de nos fermes des lieux viables et vivables sur le plan économique, intellectuel, familial et personnel. Allons plus loin ensemble, avec tout ce qui est partageable. »


L’ouverture des débats a immédiatement posé la question de la viabilité à long terme du modèle agricole actuel. Le constat dressé par Franck Michel, Chargé d’Etudes Economiques à la Chambre d’agriculture Nouvelle-Aquitaine, est frappant : en 50 ans, les prix agricoles ont été divisés par deux ou trois tandis que les charges d’investissement et d’entretien explosaient.
Cette situation est aujourd’hui aggravée par le conflit en Iran, qui provoque un choc immédiat sur les prix du pétrole et du gaz, entraînant une hausse massive du coût des engrais azotés et de l’énergie.
Franck Michel a mis en lumière la baisse de la production de grandes cultures et de la collecte laitière en Nouvelle-Aquitaine. Le réchauffement climatique est au cœur de cette fragilité. « Le phénomène est enclenché et va s’accélérer », prévient l’expert, notant que les rendements en blé tendre en Nouvelle-Aquitaine sont durement impactés par un gradient sud-nord de la France de plus en plus marqué.

Le Président de la Chambre régionale d’agriculture de Nouvelle-Aquitaine Bernard Layre a livré une analyse sur la gestion de la ressource en eau, pilier de la souveraineté alimentaire.

Malgré ce contexte difficile, Pierre Supervielle (élu FNCUMA) a partagé des événements mémorables comme les 80 ans du réseau Cuma. Parmi les victoires marquantes début 2026 on retrouve :

Les perspectives pour la PAC 2027 ont été au centre de l’intervention d’Aurélie Catallo (Directrice du programme Agriculture et Alimentation France de IDDRI). Face à la dépendance aux aides (qui représentent parfois plus de 100 % du revenu dans certaines filières), elle plaide pour une PAC qui soit plus vue comme comme une dépense utile ciblant la prévention et la diversification. Elle a rappelé le rôle crucial des Etats dans le choix du volume financier alloué à l’Agriculture. L’objectif est de réduire la vulnérabilité des exploitations face aux aléas.
Sortir de la vulnérabilité : Pour elle, la souveraineté alimentaire passe par une « meilleure gestion des risques et des crises ».
La prévention comme levier : Elle préconise deux solutions concrètes pour réduire la dépendance financière : la diversification des cultures et l’utilisation efficace de l’azote local.
L’argument budgétaire : Elle a insisté sur le fait que pour défendre le budget de la PAC, celui-ci doit être perçu comme une « dépense utile et bien ciblée ».

Au terme de cette journée riche en débats, une certitude s’impose : le réseau CUMA ne se contente pas de subir les crises, il s’organise pour les transformer en opportunités. Que ce soit par la conquête de nouveaux droits fiscaux, la bataille pour une gestion pragmatique de l’eau ou l’anticipation des futures réformes européennes, les responsables du réseau ont réaffirmé une vision stratégique claire.
Face au « ciseau des prix » et à l’incertitude géopolitique, l’isolement n’est plus une option. Comme l’ont souligné les différents intervenants, l’avenir de l’agriculture régionale passera par une capacité accrue à mutualiser non seulement les charges, mais aussi les compétences et les visions. En plaçant l’humain au centre de la performance économique, le réseau CUMA trace la voie d’une agriculture qui, pour rester souveraine, doit rester solidaire.
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Publié le 09 octobre 2026
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