Avec des étés de plus en plus chauds, la conservation des céréales devient un défi critique pour les agriculteurs. À la CUMA Agro Innovation et à la Fédération des Cuma 640, une réflexion collective est lancée pour adopter une technologie de refroidissement capable de protéger les récoltes contre les insectes et les mycotoxines.
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Pour Francis Collin, agriculteur à Sore dans les Landes et administrateur au sein du réseau Cuma, le constat est sans appel : le changement climatique bouscule les méthodes traditionnelles de stockage à la ferme. Depuis quelque temps, les organismes stockeurs et les collecteurs-sécheurs constatent qu’il devient difficile de refroidir correctement le maïs, alors même que les durées de stockage s’allongent sur l’année.
Le défi climatique : quand la ventilation traditionnelle ne suffit plus
Historiquement, les exploitations et les Cuma utilisent la ventilation naturelle pour stabiliser les grains. Ce système repose sur l’injection de l’air extérieur, généralement proche de zéro degré. Cependant, le contexte climatique actuel perturbe cet équilibre :
Des vagues de chaleur précoces : Les mois de juin, juillet, août affichent désormais régulièrement des températures oscillant entre 30 et 35 degrés, provoquant des périodes de chauffe dans les stocks.
Le piège de l’humidité : Envoyer un air extérieur chargé d’humidité dans le maïs favorise, sur le long terme, le développement d’insectes et la prolifération de mycotoxines.
Des acheteurs plus exigeants : Face à ces risques, les acheteurs finaux se montrent aujourd’hui extrêmement vigilants quant à la présence de nuisibles ou de toxines, exigeant une qualité irréprochable.
L’innovation technologique : climatiser les silos
Des agriculteurs du réseau Cuma se sont déplacés en Dordogne pour observer cet appareil en fonctionnement sur du maïs en cellule dans l’exploitation d’un agriculteur.
Le principe de fonctionnement de ce refroidisseur est simple et s’apparente à une climatisation ou à une pompe à chaleur. L’appareil capte l’air ambiant, en extrait totalement l’humidité, puis injecte cet air sec à une température préalablement fixée directement au cœur des cellules de stockage. Ce traitement permet de stabiliser les céréales et de bloquer le développement des insectes et des champignons, même en plein été.
Réfléchir collectivement pour surmonter le coût de l’investissement
Si la technologie s’avère efficace pour l’avenir, elle représente un investissement financier important qui nécessite de jouer collectif. Plusieurs adhérents de la CUMA Agro Innovation mènent actuellement une réflexion commune pour intégrer ces outils.
« Se regrouper, c’est vrai que c’est un investissement important et adapter cet appareil par rapport à nos installations. […] Il y a toute une réflexion à mener, là maintenant par rapport à ça. » – Francis Collin
Le défi pour la Cuma consiste désormais à étudier la configuration technique de ses différents sites. L’appareil existant en plusieurs versions, du traitement des petites cellules jusqu’aux installations de séchage à grosse capacité, le groupe doit analyser ses besoins pour mettre en face la puissance correspondante et garantir l’efficacité du système.
Face au changement climatique, à la pression des adventices et à la nécessité de réduire l’utilisation des produits phytosanitaires, certaines Cuma font le choix d’investir collectivement dans des trieurs de graines.
La rotation des cultures, les mélanges multi-espèces et l'organisation collective s'imposent comme des stratégies essentielles pour la durabilité des exploitations caprines. L’autonomie alimentaire et protéique en élevage caprin est un sujet fondamental pour la rentabilité et la durabilité des exploitations.
Face aux enjeux climatiques, économiques et environnementaux, la gestion des sols est devenue un pilier central des systèmes agricoles. Parmi les leviers les plus efficaces, les couverts végétaux occupent une place de choix. Fertilité, biodiversité, gestion de l’eau, carbone : leur rôle dépasse largement la simple couverture hivernale.
Face au changement climatique, l’agriculture est à la fois concernée par ses impacts et porteuse de solutions concrètes. Les pratiques agronomiques, les choix d’équipements et les projets collectifs permettent aujourd’hui de réduire les émissions de gaz à effet de serre, de stocker durablement le carbone dans les sols et de renforcer la résilience des exploitations.
Dans un contexte climatique de plus en plus incertain, les agriculteurs se tournent vers des solutions technologiques et collaboratives pour protéger leurs cultures. Pierre-Henry Joly, gérant d’une exploitation viticole de 80 hectares située à Jarnac, témoigne de cette dynamique innovante qui redéfinit la lutte contre le gel en agriculture.
Cédric Billy, représentant du service des eaux du Vivier, rattaché à Niort Agglomération, témoigne des actions menées pour garantir l'approvisionnement en eau potable et la préservation de sa qualité pour quelque 100 000 habitants de l’agglomération niortaise.
Fredy Poirier, Vice-président en charge de l’Agriculture, de l’Alimentation, du Développement rural et de la GEMAPI chez Grand Poitiers, nous partage sa vision sur les enjeux environnementaux et le rôle crucial des collectifs agricoles, notamment les CUMA.
Les journées techniques organisées par les fédérations de proximité jouent un rôle essentiel dans la diffusion des pratiques agricoles durables. Souvent organisés en partenariat avec des acteurs locaux, ces événements offrent aux agriculteurs l'opportunité de découvrir et de tester de nouvelles méthodes pour améliorer la gestion de leurs cultures.
Franck Baechler, agriculteur et éleveur en Sologne, partage son expérience sur la régénération des sols dégradés. Avec une approche novatrice, Franck a réussi à intégrer l'élevage dans son système agricole pour améliorer la production de biomasse et augmenter le capital sol. Ce témoignage offre un aperçu précieux de ses méthodes et de ses résultats.
L'implantation de couverts végétaux est devenue une pratique incontournable pour de nombreux agriculteurs soucieux de préserver la santé de leurs sols et de promouvoir une agriculture durable. Ces couverts, composés de diverses espèces végétales, sont semés après la récolte principale et couvrent le sol pendant les périodes d'inactivité, telles que l'hiver. Mais comment optimiser leur destruction pour préparer le terrain à la culture suivante tout en préservant la fertilité du sol et en minimisant l'impact sur l'environnement ? Découvrez le témoignage de Nicolas Figeac, conseiller agro-équipement à la fédération des Cuma des Charentes.
La sauvegarde de l'eau potable et la préservation de la santé des sols sont devenues des préoccupations majeures pour les communautés agricoles et les organismes environnementaux. Face à ces défis cruciaux, les Cuma se mobilisent aux côtés des syndicats des eaux pour mettre en œuvre des solutions durables.
Publié le 21 mai 2024
Nouvelle Aquitaine
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