Un trieur en Cuma pour faire face au changement climatique
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Face au changement climatique, à la pression des adventices et à la nécessité de réduire l’utilisation des produits phytosanitaires, certaines Cuma font le choix d’investir collectivement dans des trieurs de graines.
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C’est le cas de deux Cuma du territoire, la Cuma de Sévignacq et la Cuma de Baratze, qui ont chacune développé une activité de triage des graines au service de leurs adhérents. À travers leurs témoignages, ces agriculteurs mettent en lumière les bénéfices techniques, économiques et humains de cette organisation collective.
Des Cuma aux profils différents mais aux besoins communs
La Cuma de Sévignacq est une structure historiquement tournée vers les grandes cultures et les prestations complètes. « Nous avons une grosse activité de cultures et de récolte avec deux moissonneuses, du transport, de l’épandage et du pressage en service complet », explique Armand Jouanjus, président de la Cuma. Créée à l’origine par 14 adhérents, la Cuma en compte aujourd’hui une trentaine et reste ouverte à de nouveaux membres sur son secteur.
À la Cuma de Baratze, le collectif s’est structuré autour de productions plus spécifiques. « On s’est rattachés à une Cuma qui avait déjà du matériel particulier, notamment pour le grand roux basque », témoigne Serge Gestas, agriculteur à Béhasque, éleveur de poules pondeuses bio, producteur de porc basque et de cultures en bio et en conventionnel.
Malgré des contextes différents, les deux groupes partagent une même problématique : valoriser leurs récoltes et sécuriser leurs semences.
Pourquoi investir dans une activité de triage ?
Pour la Cuma de Sévignacq, la création de l’activité triage répond avant tout à un enjeu de valorisation économique. « En bio, certaines productions ne sortent pas assez propres et subissent des décotes à la livraison », explique Armand Jouanjus. L’objectif était aussi de pouvoir retrier les récoltes afin de produire des semences de ferme de qualité, prêtes à être ressemées.
L’investissement est conséquent : environ 60 000 € pour un trieur très complet, capable de traiter toutes les tailles de graines et équipé pour l’inoculation (fongicide, insecticide si besoin). Grâce à 40 % de subventions, le coût a pu être significativement réduit.
À la Cuma de Baratze, la réflexion est née d’un besoin partagé entre agriculteurs bio. « On avait tous des problèmes de graines de mauvaises herbes dans nos semences de ferme », raconte Serge Gestas. Après avoir testé des solutions éloignées et coûteuses, le groupe, accompagné par le Civam Bio du Pays basque blé et la fédération des Cuma Béarn Landes Pays Basque, a opté pour l’achat d’un trieur mobile PETKUS d’occasion, monté sur remorque et facilement déplaçable de ferme en ferme.
Une organisation collective souple et efficace
L’organisation des chantiers est pensée pour s’adapter aux volumes et aux besoins des adhérents. « Je me déplace chez l’adhérent, il faut simplement une prise électrique, un sol plat et une remorque pour récupérer le produit propre », explique Patrick Cabana, vice-président de la Cuma de Sévignacq.
Pour des volumes importants (4 à 6 tonnes), le triage peut se faire sur une journée complète, avec plusieurs adhérents mobilisés. Pour de plus petits volumes de semences, l’organisation peut se faire en poste fixe, avec dépôt de big bags.
Autre point clé : l’autonomie. « Une fois la machine réglée, pour les gros volumes, l’adhérent peut travailler seul : il suffit d’alimenter et de vider », précise Patrick Cabana. Un gain de temps et de souplesse pour les exploitants.
Des coûts maîtrisés grâce au collectif
À la Cuma de Baratze, les résultats ont dépassé les prévisions. « On pensait faire 100 heures par an, on est montés à plus de 300 heures », souligne Serge Gestas. Résultat : les coûts à l’heure et à la tonne ont fortement diminué. Alors qu’ils visaient initialement 50 à 60 € par tonne, les coûts réels sont aujourd’hui inférieurs à 20–25 € de l’heure.
À Sévignacq, le fonctionnement repose sur un tarif horaire clair : 50 € de l’heure, auquel s’ajoute un forfait déplacement lorsque le trieur est utilisé en prestation itinérante.
Des utilisateurs variés, en bio comme en conventionnel
Le trieur est utilisé par des profils très divers :
en agriculture biologique pour le blé, le maïs grand roux basque, le sarrasin, les lentilles, le tournesol ou le soja,
en conventionnel, notamment pour les semences de couverts végétaux (féverole, avoine, moutarde, colza).
« On fait beaucoup de petites graines et de semences de couverts, mais aussi du soja, du tournesol, et demain peut-être du maïs ou de l’orge », précise Patrick Cabana.
Le triage, un levier face au changement climatique
Au-delà de l’aspect économique, le triage joue un rôle clé dans l’adaptation au changement climatique. « Les semences du commerce sont souvent irriguées. En conservant des semences de ferme qui ont déjà subi des pics de chaleur, on sélectionne naturellement des graines plus résistantes », explique Patrick Cabana.
Les gains en qualité sont également spectaculaires. Un exemple parlant : un adhérent bio en tournesol est passé de 28 % d’impuretés sans triage à seulement 2 % après passage au trieur. « Avec un tournesol valorisé à 1 000 €, la plus-value est vite calculée », souligne-t-il.
Pour Serge Gestas, le triage permet aussi de résoudre des problèmes jusque-là insolubles : « On avait beaucoup de vesces sauvages dans le blé. Aujourd’hui, le blé sort propre et la vesce part en déchets. Avant, c’était impossible. » Résultat : une meilleure qualité de semences, plus de précision et un gain de temps notable : 4 tonnes de triticale triées en 2h30.
Un outil collectif au service de l’avenir
À travers ces deux expériences, le triage en Cuma apparaît comme un outil stratégique, à la croisée des enjeux économiques, environnementaux et climatiques. Mutualisation de l’investissement, souplesse d’organisation, autonomie des adhérents et amélioration nette de la qualité des productions : autant d’atouts qui expliquent le succès de cette activité, appelée à se développer dans les années à venir.
Dans un contexte agricole de plus en plus exigeant, la Cuma (Coopérative d'Utilisation de Matériel Agricole) de Bourlens, baptisée "La Céréalière", s'affirme comme une solution essentielle pour les agriculteurs locaux.
Trois agriculteurs de la Cuma de Barie en Gironde ont initié un projet local de tri de semences en collectif.
Publié le 30 novembre 2023
Nouvelle Aquitaine
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